Malgré leur promesse de quitter les lieux le week-end dernier, les gens du voyage continuent d’occuper le terrain de l’Espace nature à La Garde, sans annoncer de date de départ.

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Les gens du voyage sont encore présents à La Garde fin juin 2023 – CREDIT : Var Actu

Depuis le 11 juin, ces voyageurs ont établi leur campement sur ce site départemental. La plupart d’entre eux sont des évangélistes, et Toulon-La Garde n’est qu’une étape dans leur grand circuit chrétien à travers la France.

Cette “présence illégale” qui se prolonge agace les riverains, qui prévoient une manifestation devant la préfecture début juillet. Une habitante de la région explique : “Toute l’année, nous faisons attention à préserver la nature et la tranquillité qui y règnent. Et voilà que, sans prévenir, des dizaines de caravanes envahissent tout, piétinent le terrain.”

L’association de défense du Plan de La Garde se mobilise également en déclarant : “Les gens du voyage sont totalement inconscients de s’exposer ainsi dans une zone inondable aussi dangereuse. La police était présente le premier jour, mais depuis, nous ne les voyons plus et les nuisances se sont intensifiées. Les voyageurs font du bruit jour et nuit, gaspillent l’eau en période de sécheresse, entravent l’accès des riverains à leurs habitations, et personne ne réagit !”

Les membres de l’association prévoient donc une manifestation le 3 juillet devant la préfecture du Var pour dénoncer l'”inertie” des autorités publiques.

Fabrice, un riverain, raconte : “Je suis exaspéré par la prolongation de la présence des gens du voyage. Leur occupation illégale perturbe la tranquillité de notre quartier. Nous avons besoin d’une action immédiate pour résoudre ce problème. La manifestation devant la préfecture est un moyen légitime d’exprimer notre mécontentement. Les autorités doivent prendre des mesures efficaces pour faire respecter la loi et préserver notre cadre de vie.”

La préfecture réfute cette prétendue inertie en affirmant que “toutes les mesures à disposition de l’État pour procéder à l’expulsion des gens du voyage ont été mises en œuvre. Il revient désormais au propriétaire des lieux d’engager les procédures d’urgence qu’il juge nécessaires.” Concernant les deux autres campements illicites, pour lesquels le tribunal administratif a confirmé la légalité des arrêtés préfectoraux de mise en demeure (à La Valette et à La Garde), les gens du voyage ont quitté les lieux.

Ainsi, il incomberait maintenant au Département du Var, qui gère l’Espace nature, d’engager à son tour une action. La ville de La Garde reconnaît avoir été confrontée à un jugement du tribunal administratif annulant l’arrêté préfectoral ordonnant l’expulsion des gens du voyage, en ignorant un autre arrêté confirmant les pouvoirs du maire dans de telles procédures. La municipalité a informé que, par la suite, un arrêté pris par la Métropole en 2021 confirmait les pouvoirs du maire dans ce type de situation. La préfecture a donc lancé une nouvelle procédure d’expulsion urgente visant les gens du voyage qui sont restés sur place et qui espèrent y demeurer.

Pour le moment, la situation reste inchangée sur le terrain, et les riverains déplorent “un grave problème qui persiste dans le temps.” Les voyageurs, de leur côté, font valoir qu’ils se sont simplement défendus en justice contre les arrêtés pris à leur encontre. Certaines caravanes ont quitté les lieux, tandis que d’autres sont arrivées. Leur nombre reste constant, entre 140 et 160 présentes sur place.